Le plan de match d’André Chabot, nommé meilleur prévisionniste de 2013

19 juillet 2014 – les affaires

 

Le plan de match d’André Chabot, nommé meilleur prévisionniste de 2013.

 

André Chabot, président-fondateur de Gestion de portefeuille Triasima, est nommé meilleur prévisionniste de Montréal pour la deuxième fois depuis 2011.

M. Chabot a remporté les honneurs en 2011 et en 2014 pour une série de sept prévisions parmi les participants à la célèbre soirée annuelle des prévisions organisée chaque année par la société CFA Montréal.

Ceux qui se soumettent à l’exercice doivent prédire le cours du S&P/TSX, du S&P500, de la Bourse de Shanghaï, des taux américains repères de 10 ans, du dollar canadien, du pétrole et de l’or.

Le plan de match d’André Chabot a été nommé meilleur prévisionniste de 2013.

 

 

Les Affaires, no. No: 26

Investir, samedi 19 juillet 2014, p. 28

Dominique Beauchamp

 

M. Chabot a remporté les honneurs en 2011 et en 2014 pour une série de sept prévisions parmi les participants à la célèbre soirée annuelle des prévisions organisée chaque année au début de juin par la Société CFA Montréal.

Environ la moitié des participants répond habituellement au questionnaire distribué aux tables des 700 convives.

La Société CFA Montréal compile ensuite les prévisions et mesure leur justesse en fonction de l’écart individuel entre les sept prévisions et leur niveau réel un an plus tard, ainsi que l’écart moyen pour les sept prévisions.

C eux qui se plient à l’exercice doivent prédire le niveau du S&P/TSX, du S&P 500, de la Bourse de Shanghaï, des taux américains repères de 10 ans, du dollar canadien, du pétrole et de l’or.

Le gagnant remporte un trophée et a la reconnaissance de ses pairs lors de la Soirée des prévisions l’année suivante.

L’approche des trois piliers

« Pour une boutique de gestion de portefeuille comme la nôtre, ça représente un peu de relations publiques », a dit en entrevue le financier d’expérience, dont la firme gère un actif de 2,9 milliards de dollars pour 200 clients, dont la moitié se trouve à l’extérieur du Québec.

L’approche « des trois piliers » de Triasima intègre l’analyse fondamentale, l’analyse quantitative et l’analyse de tendance dans un processus rigoureux et constant, se targue la société sur son site Web.

L’important, dans l’exercice des prévisions, dit M. Chabot, c’est d’être cohérent, puisque les taux, les marchés, les devises et les denrées sont des vases communicants qui s’influencent les uns les autres.

Il faut aussi éviter d’extrapoler les conditions actuelles aux 12 mois suivants.

« Un an est suffisamment long pour que la loi du retour à la moyenne se manifeste, du moins en partie. Par contre, un an n’est pas assez long pour renverser une tendance déjà bien engagée », dit le chef des placements.

Le gestionnaire de 59 ans attribue son approche systématique au fait qu’il a appris du passé. Il établit en effet des prévisions depuis 1988, afin d’orienter le scénario de référence qui guide la place qu’occupent dans ses portefeuilles les actions canadiennes, américaines et étrangères, ainsi que les obligations.

« Le scénario sert de point d’ancrage pour suivre l’évolution d’un grand nombre d’indicateurs qui influencent la stratégie. On s’y réfère comme à une bouée », explique le portefeuilliste.

La hausse des Bourses se prol ongera…

Que voit-il dans sa boule de cristal pour les prochains 12 mois ?

La croissance économique américaine est soutenue et autosuffisante, observe-t-il. Elle reste la locomotive mondiale avec un taux de croissance de 2,75 à 3 %.

« Il est clair que depuis 2011, l’économie américaine n’a pas besoin d’une économie forte en Europe et dans les pays émergents pour croître. L’Europe entrera bientôt, à son tour, dans ce cycle de croissance et les marchés émergents fermeront la boucle ensuite », prévoit-il.

La santé fiscale des États-Unis s’est considérablement améliorée en raison de la hausse des recettes (taxes et impôts). Ce n’est pas le cas en Europe.

Sortie de récession à la mi-2013, l’économie du Vieux Continent est encore faible, mais elle n’est plus un frein à l’économie mondiale.

Les récents déboires de Banco Espirito Santo, première banque privée du Portugal dont une société affiliée n’a pas honoré des échéances d’obligations, ne l’inqui ètent pas outre mesure. Selon lui, l’événement survenu la semaine dernière ne constitue pas un choc qui pourrait avoir des répercussions sur les marchés financiers. Ses prévisions à l’égard des marchés européens demeurent donc inchangées.

Quant aux marchés émergents, qui sont les plus tributaires du niveau d’activité mondiale, le pire de leur ralentissement est probablement passé.

L’économie mondiale vogue aussi à un rythme « normal » de 3 %. « Ça paraît bien peu en comparaison de la croissance de 5 % que nous avons connue entre 2004 et 2007, mais un taux aussi élevé n’avait jamais été atteint auparavant dans l’histoire de l’humanité », explique le gestionnaire, qui a notamment fait ses classes à la banque new-yorkaise JPMorgan et chez le gestionnaire canadien Magna Vista, avant de fonder Triasima en 1998.

…puisque l’inflation restera sous contrôle

Le gestionnaire reste positif envers la Bourse. L’inflation faible et l’abondance de capitaux prolongeront, selon lui, le cycle de croissance modérée actuel.

« Même à ce stade-ci du cycle économique, il y a peu de pressions inflationnistes, parce que l’offre des divers intervenants économiques suffit à satisfaire la demande. Cela garde les taux faibles et allonge le cycle », explique le financier de Montréal.

L’intervention des banques centrales prolonge aussi les cycles économiques, note-t-il. Depuis les années 1980, celles-ci relèvent les taux plus tard dans le cycle économique, en plus de les augmenter moins. « Elles sont les plus grands sorciers du monde financier. »

La faible croissance démographique des pays développés jouera aussi un rôle en freinant la vitesse de croisière de leurs économies, et donc le rendement à espérer des actions à l’avenir.

Au lieu de l’habituel rendement de 7,5 à 8,5 %, il faudra peut-être viser plus bas, dit M. Chabot.

La façon dont la Réserve fédérale américaine retirera ses liquidités des marchés p résente aussi un risque, et freinera l’économie. « Cette stratégie de sortie s’étalera sur des années. Dans 10 ou 15 ans, on se dira que c’était une bonne période pour investir, alors qu’on y voit plein de risques quand on a les deux pieds dedans », croit le portefeuilliste.

Puisque l’endettement encore élevé des ménages et des gouvernements rend la croissance des pays développés plus sensible à la tendance des taux que par le passé, tout resserrement du crédit ralentirait l’économie. L’effet domino à prévoir : les taux fléchiraient de nouveau, souligne l’expert.

M. Chabot préfère donc toujours les actions aux obligations, bien qu’il soit redevenu neutre à l’égard des obligations, après leur chute en 2013.

« Les Bourses ont une évaluation plus élevée qu’avant, mais ce qui me rassure, c’est que nous trouvons encore des titres attrayants à acheter », dit-il.

Il faudrait un accident de parcours qui renverse la tendance lourde des gains de productivité ou un choc exte rne qui ravive une crise d’endettement pour faire dérailler son scénario.

Plus attrayantes, les actions étrangères

Les actions américaines sont encore ses préférées, mais le gestionnaire déplace un peu ses pions à l’étranger, où les évaluations sont plus attrayantes. « On sous-pondère encore les actions étrangères, mais moins qu’avant. »

Il fait notamment appel à des multinationales européennes pour la portion de 15 % des portefeuilles investie à l’étranger.

D’ici 6 à 12 mois, M. Chabot prévoit ajouter des titres chinois et d’Amérique latine aux portefeuilles qu’il gère.

 

 



Retour aux nouvelles

Nouvelle adresse

900, boul. de Maisonneuve Ouest, bureau 2520, Montréal (Québec) H3A 0A8
Téléphone : 514 906-0667

À propos de Triasima

Gestion de portefeuille Triasima inc. est une société canadienne de gestion de placements. Elle dessert une clientèle diversifiée constituée de plus de 200 clients institutionnels, clients de services de sous-conseiller et investisseurs individuels. La société est reconnue pour son Approche des trois piliersMC, laquelle intègre les analyses fondamentale, quantitative et de tendance dans un processus de gestion à la fois rigoureux et novateur.